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Bilan des marchés pétroliers sur les 9 premiers mois de l'année

septembre 2014
Guy Maisonnier

 

 

Entretien avec Guy Maisonnier,
ingénieur économiste à IFPEN

 

Comment se sont comportés les marchés depuis janvier 2014 ?

Le Brent s’établit à 107 $ sur les neufs premiers mois de l’année, soit une moyenne équivalente à celle de 2013 et légèrement inférieure à celles de 2011 et 2012 (111 $/b). Mais depuis juin, le Brent connaît une correction significative. En moyenne mensuelle, il est passé de 112 $/b à 107 $ en juillet, puis 103 $ en août, et désormais à moins de 100 $/b sur septembre.
  
Ce recul de 13 $ s’explique par plusieurs raisons :

  • la vision d’une croissance économique modérée en 2014, confirmée par les révisions baissières du FMI en juillet par rapport à celles d’avril (- 0,3 à 3,4 % au niveau mondial) ;
  • la forte hausse du dollar (+ 8 % par rapport à l’Euro depuis début mai) qui a en général pour effet de peser à la baisse sur le prix du pétrole exprimé en dollar ;
  • l’absence de réel impact supplémentaire sur l’offre OPEP de l’instabilité géopolitique (Ukraine/Russie, Chine/Vietnam, Libye, Irak, Gaza, Nigeria, Yémen, …) ;
  • au niveau du marché pétrolier, une production des non-OPEP supérieure à l’accroissement de la demande mondiale, ce qui a pour effet de modérer les prix.
      

 

La baisse de l’Euro atténue-t-elle la baisse du prix du pétrole exprimé en Euro ?

La baisse de l’euro atténue en partie le recul du pétrole en dollar mais pas entièrement.
  
A titre d’illustration, le pétrole en dollar a reculé de 16 % depuis le plus haut de mi-juin. Sur la même période, l’Euro a perdu 5,6 %.
  
Le bilan est un recul de 11 % pour le prix du pétrole exprimé en Euro.

 

Quelle est la tendance de la demande ?

L’Agence internationale de l’énergie estime, dans son rapport de septembre, la hausse de la demande pétrolière mondiale à 0,9 Mb/j en 2014 et 1,2 Mb/j en 2015, niveaux proches de la moyenne de ces 5 dernières années (1,1 Mb/j).
  
Le déclin de la consommation des pays occidentaux (- 0,3 Mb/j par an en moyenne depuis 2010) permet d’atténuer la progression de celle des pays émergents (+ 1,3 Mb/j en moyenne depuis 2010 dont 0,3 Mb/j pour la Chine).

 

Comment l’offre évolue-t-elle ?

L’offre des non-OPEP est tirée par la production américaine qui augmente depuis 2012 à un rythme proche de celui de la demande mondiale (+1 Mb/j) et qui a progressé de près de 5 Mb/j entre 2008 et 2014, soit l’équivalent de la moitié de la production russe.
  
A 11,3 Mb/j en 2014 et 12,4 Mb/j anticipé en 2015, la production américaine dépasse celle de l’Arabie Saoudite (11,5 Mb/j début 2014) et de la Russie (10,9 Mb/j).

  

Comment seront orientés les prix en 2015 ?

Le marché table sur un prix 2015 du Brent à nouveau en retrait et l’estime actuellement à 100 $/b pour le Brent.
  
De nombreux facteurs influenceront ce marché dont :

  • la réaction de l’OPEP dans l’hypothèse d’une baisse trop marquée des prix ;
  • le niveau effectif de la croissance économique mondiale, estimée actuellement pour 2015 à 4 %, soit 0,6 % au-dessus de celle de 2014 ;
  • la poursuite ou non de la hausse du taux du dollar ;
  • la confirmation probable du potentiel de développement de la production américaine d’huiles de roche mère ;
  • l’aboutissement ou non des négociations avec l’Iran (date butoir repoussée au 24 novembre ; enjeu : + 0,9 Mb/j) ;
  • la situation des exportations libyennes (enjeu : + 1 Mb/j environ) ;
  • la situation en Irak et l’impact sur la production et les investissements ;
  • l’impact des sanctions à l’égard de la Russie sur les investissements.
      

 

Et le marché gazier ?

Pour le marché gazier, le décrochage depuis 2009 des prix spot européens par rapport aux prix long terme indexés sur le pétrole (effet crise économique, prix élevés du pétrole, concurrence renforcée du charbon depuis fin 2011) est à l’origine :

  • de la renégociation des contrats gaziers,
  •  et de la montée en puissance des indexations spots dans les contrats long terme.

La France inclue depuis juillet un niveau de l’ordre de 60 % de part spot pour définir le prix de marché.

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