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L'évaluation environnementale : un rôle-clé dans le développement des nouvelles technologies de l'énergie

novembre 2012

Au sein de la direction Économie et Veille d'IFP Energies nouvelles (IFPEN), une équipe est spécialisée dans les Analyses de cycle de vie (ACV). Elle contribue à l’élaboration des standards en matière de bilan environnemental des filières des domaines de l'énergie et des transports.

Cécile Querleu est chargée d’études ACV. Elle nous présente les travaux menés à IFPEN dans ce domaine.

Cécile QUERLEU
  • Quel est l'objectif des analyses de cycle de vie ?

Cécile Querleu : Les ACV ou éco-bilans visent à évaluer les impacts potentiels sur les ressources et l’environnement, d’un produit, d’un service ou d’un procédé. Ces analyses sont de plus en plus demandées par les entreprises, mais aussi par les pouvoirs publics, pour estimer l’impact environnemental d’une innovation bien avant qu’elle ne soit mise sur le marché. L'équipe ACV d'IFPEN travaille sur les méthodes permettant d'évaluer les performances des filières de l'énergie et des transports depuis la fin des années 90.
   
Que ce soit ans le cadre de projets nationaux comme BioTfueL ou Futurol (biocarburants de 2e génération), de programmes européens tel que Wide-Mob (véhicules électriques), à la demande de PME partenaires ou pour les besoins de la recherche menée au sein d'IFPEN, notre équipe est régulièrement sollicitée pour produire des ACV sur des sujets divers : biocarburants pour l'automobile et l'aéronautique, véhicules hybrides, éolien offshore, etc.
  
Mais elle consacre aussi une partie de son temps à la recherche méthodologique. Nous sommes de plus sollicités par les pouvoirs publics pour participer à la définition et la validation de standards français et européens. Une reconnaissance qui témoigne de l’expertise acquise par IFPEN dans la discipline.
  

  • Quels sont les critères pris en compte dans les ACV ?

C.Q. : En vingt ans, les ACV sont devenues plus précises et complexes. Auparavant, elles se limitaient souvent à établir un bilan en termes de consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Elles visent aujourd'hui à évaluer, pour chaque procédé ou mode de transport étudié, une quinzaine d’impacts potentiels comme l’acidification de l’atmosphère ou la formation de particules par exemple. L'intégration d’un nouveau critère passe par l’identification de modes de calcul adéquats, testés sur des études de cas. Parmi les nouveaux critères étudiés par IFPEN figurent, par exemple, l'empreinte eau ou la monétarisation des impacts environnementaux.
     
Nous menons aussi des travaux sur les ACV conséquentielles. Une ACV "classique" est un bilan environnemental à l’instant "t" d’un procédé ou d’une technologie. À elle seule, elle ne permet pas de prédire l’incidence que pourrait avoir, sur un secteur, l’implantation d’une nouvelle filière. D’où les recherches conduites en collaboration avec des chercheurs du CIRAIG (Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services), l’un des grands centres de la discipline au Canada, pour essayer de coupler les ACV classiques avec des scénarios économiques et énergétiques réalistes. Cette approche repose sur des modèles de prospective des systèmes énergétiques.
  

  • Quelle est votre contribution au projet Futurol sur le bioéthanol de 2e génération ?

C.Q. : Rappelons que Futurol vise à développer, d’ici à 2016, une technologie de production de bioéthanol de 2e génération utilisant comme matières premières des ressources lignocellulosiques, issues de biomasse agricole et forestière. Notre équipe est responsable, dans ce projet, de la partie "Évaluation environnementale" qui implique aussi des chercheurs de l’INRA et de l’ARD. Ces derniers nous fournissent des informations techniques sur la ressource biomasse et sur le fonctionnement du pilote. Nous sommes alors chargés de les compiler pour générer une ACV globale de la filière allant du champ - en l’occurrence les cultures et les forêts -  à la fin de vie, c'est-à-dire la combustion de l’éthanol dans les véhicules.
  

  • En pratique, comment procédez-vous ?

C.Q. : Nous affinons notre analyse tout au long du projet. Notre objectif est non seulement de disposer d’une évaluation environnementale de tous les scénarios possibles de production d’éthanol, mais aussi d'aider à l'identification, en cours de route, d'améliorations techniques.
  
N’oublions pas qu’une ACV permet d’identifier les flux qui impactent le bilan environnemental d’une filière, et ainsi ses leviers d'amélioration. À travers des échanges avec les équipes spécialisées sur les procédés, nous pouvons aider à orienter leurs recherches.

   

  • Que va apporter cette évaluation environnementale ?

C.Q. : Outre des bilans en matière d'émissions de GES et de consommation d’énergie, nous allons évaluer certains impacts sur la santé humaine et les écosystèmes (impacts liés aux NOx, SOx, etc.).
  
Nous poursuivons plusieurs objectifs :
 •  identifier le meilleur type d’approvisionnement en biomasse d’une usine de production de bioéthanol
 • comparer les réductions d'émissions de GES attendues par rapport aux seuils fixés par la réglementation
 • garantir une certification du bioéthanol dans le cadre de la directive européenne sur les énergies renouvelables
 • intégrer, aux bilans environnementaux, certains nouveaux indicateurs comme l’empreinte eau ou le changement d’affectation des sols.
  

En savoir plus :
   
>> Numéro 16 de la lettre "Les rendez-vous de l'innovation" - Dossier : "IFPEN, un acteur majeur dans l'évaluation environnementale"

   

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