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Quel futur énergétique pour la France à l'horizon 2050 ?

août 2013

Nathalie Alazard-Toux, directeur Economie et veille à IFP Energies nouvelles, coordonne avec des représentants du CEA, du CNRS et du CSTB, la réalisation de scénarios d'évolution du système énergétique français dans le cadre de l'ANCRE (Alliance nationale de coordination de la recherche pour l'énergie). Elle nous explique comment sont réalisés ces scénarios et quel est leur objectif.

Nathalie Alazard-Toux

Comment est née l'idée de réaliser des scénarios au sein de l'ANCRE ?

L'ANCRE regroupe tous les organismes publics de recherche travaillant dans le domaine de l'énergie et représente ainsi l'ensemble des disciplines et secteurs concernés. L'Alliance a souhaité contribuer au débat national sur la transition énergétique et  a proposé au ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie d'élaborer différentes trajectoires possibles pour le futur énergétique de la France, en focalisant l'approche sur les aspects scientifiques et technologiques et en particulier les potentiels associés aux ruptures et innovations technologiques.

Quelle a été la démarche pour bâtir ces scénarios ?

Les  trois scénarios proposés s'articulent autour des axes suivants :

Ils visent tous l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'atteinte du facteur 4, à un coût acceptable, à horizon 2050 ; c'est-à-dire  la diminution par 4 des émissions de CO  2  issues de la production et de la transformation d'énergie, par rapport à l'année 1990.

Ces scénarios ne prétendent pas prédire l'avenir. Ils reposent sur des actions volontaristes et s'appuient sur des avancées technologiques, pour certaines des ruptures majeures, qui vont nécessiter des travaux soutenus de R&D

Ils font largement appel à  l'amélioration de l'efficacité énergétique, un levier indispensable pour réduire la consommation d'énergie

Enfin, ils s'inscrivent dans l'objectif gouvernemental de passer à 50 % d'électricité d'origine nucléaire en 2025 contre plus de 75 % aujourd'hui.

Pour élaborer ces scénarios, nous nous sommes appuyés sur les groupes programmatiques de l'ANCRE (groupes programmatiques en charge de la demande d'énergie - transport, industrie, résidentiel-tertiaire -, et ceux en charge de l'offre d'énergie – biomasse, énergies fossiles, géothermie et métaux stratégiques, nucléaire, solaire, éolien et énergies marines, réseaux et stockage d'énergie -) qui réunissent des experts de chaque domaine.

Pouvez-vous nous décrire ces trois scénarios ?

L'ANCRE a proposé trois visions contrastées de la demande et de l'offre d'énergie :

Le scénario  Sobriété renforcée repose sur une évolution majeure des comportements individuels réduisant la demande d'énergie et sur l'amélioration de l'efficacité énergétique. Cela se traduit par exemple dans le domaine des transports par un recours accru à l'auto-partage et à des modes alternatifs à la voiture. La réduction de la mobilité (moins 20 % par personne) peut être également favorisée par le développement du télétravail et un urbanisme plus dense. Dans l'habitat, le scénario suppose un programme de rénovation du parc d'ampleur considérable, à un rythme 4 fois plus important qu'actuellement.

Le scénario  Décarbonisation par l’électricité est fondé sur un accroissement dans les différents usages de la part de l’électricité, qu’elle soit d'origine renouvelable ou nucléaire. Cela passe notamment par le développement rapide des motorisations électriques. Dans l'habitat, ce scénario table sur un fort développement des pompes à chaleur par exemple.

Le scénario  Vecteurs diversifiés met l'accent comme son nom l'indique sur la diversification des sources et vecteurs d’énergies, avec un fort développement de l'utilisation de la biomasse domestique pour les différents usages (biocarburants pour le transport, chaleur biomasse, biomatériaux...). Tout en étant attentif à ne pas entrer en concurrence avec l'alimentaire. Ce scénario va de pair avec le déploiement de réseaux de chaleur locaux et un recours accru au gaz.

Comment se situent les scénarios de l'ANCRE par rapport aux autres scénarios ?

Même si les trois scénarios supposent une rupture dans l'évolution de la demande d'énergie, les baisses de consommation d'énergie finale envisagées par l'ANCRE se situent à des niveaux intermédiaires (entre 25 et 45 % selon les secteurs) par rapport à d'autres scénarios plus extrêmes.

Outre des changements majeurs de comportement individuels, nos scénarios proposent des actions qui s'appuient sur de réels progrès technologiques. Notre objectif est d'identifier les technologies à mobiliser et les verrous à lever pour atteindre les objectifs.

Nous poursuivons aujourd'hui le travail pour évaluer chacun des scénarios à l'aune de critères économiques, environnementaux et sociétaux. Cela permettra aux décideurs de disposer d'éléments d'appréciation plus précis. Nous pouvons d'ores et déjà dire que, quelle que soit la trajectoire retenue, les conditions à réunir sont exigeantes, avec des investissements massifs et des révolutions technologiques et/ou organisationnelles majeures.

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